Pourquoi le laser ?


1. UN PEU D’HISTOIRE…

  • En 1917, Einstein prédit dans le cadre de la Mécanique quantique encore émergeante, la possibilité d’Emettre une Lumière Amplifiée par Stimulation. Le terme L.A.S.E.R acronyme anglo-saxon de « Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation » est vite adopté.
  • En 1960, les premiers rayons laser sont obtenus expérimentalement mais restent une curiosité de laboratoire.
  • En 1970, l’industrie s’empare de cet outil pour d’innombrables applications, et le rend omniprésent dans la vie moderne.
  • En 1971, le LASER devient un instrument de référence dans les grands services de chirurgie Ophtalmo, ORL, dermato…
  • Dès 1985, des tentatives sont faites en esthétique, mais le champ d’application n’est pas aussi prometteur. En effet, à part l’ablation de quelques lésions cutanées évidentes, on imagine mal, dans le domaine de la beauté et du rajeunissement, quel intérêt peut présenter cet outil si précis.
  •  Dès 1990, des peelings ont été réalisés avec des résultats variables mais toujours au prix de contraintes et de suites opératoires lourdes puisqu’il s’agissait de rajeunir un visage au prix de brûlures étendues et profondes.
  •  En 2001, Reliant Technologies crée la méthode FRAXEL. L’originalité repose sur le fait qu’au lieu de brûler toute la surface du visage, on « fractionne » le rayon LASER en milliers de micro-puits de taille et de profondeur calibrées.

2. UN PEU DE PHYSIQUE

  • Deux grandeurs caractérisent un faisceau Laser : sa longueur d’onde et sa Fluence, c’est-à-dire la quantité d’énergie par unité de surface.
  •  L’absorption tissulaire, passe par trois molécules ou chromophores : l’hémoglobine du sang, la mélanine, et l’eau.
  •  Les mécanismes d’action sont multiples et souvent en cascade : photochimiques, photomécaniques, et surtout photothermiques, allant de la simple vasodilatation à la carbonisation tissulaire.
  • Les systèmes de refroidissement revêtent donc une grande importance pour limiter et orienter l’effet final.

3. ORGANISATION TISSULAIRE DE LA PEAU

3.1. La peau est faite de trois couches :

  • L’Epiderme, couche externe kératinisée ou Stratum cornéum.
  • Le Derme,  couche interne où se trame un réseau protéique de collagène et d´élastine, responsable de la fermeté et de l’élasticité.
  • L’Hypoderme, dans lesquels se trouve de la graisse

3.2. Plusieurs populations cellulaires aussi

  • Des cellules épithéliales,
  •  Des mélanocytes
  • Des adipocytes

3.3. Plusieurs dispositifs coexistent dans ce complexe :

  • des vaisseaux,
  • des follicules pileux,
  • des glandes sudoripares,
  •  un tissu interstitiel hydraté


  – L’élastine et le collagène confèrent à la peau sont élasticité et sa fermeté. Hâter le renouvellement de ces protéines c’est assurer une nouvelle jeunesse à la peau.

– Avec l’âge, l´exposition au soleil, certains traumatismes ou pathologies de la peau, chacune des structures de la peau peut se détériorer plus vite que les capacités de régénération et entrainer des dégradations diverses.

– Le but de tout peeling, et du laser en particulier, est de détruire ces composés pour hâter leur renouvellement. Cette brûlure n’est pas sans inconvénient surtout par la trop longue éviction sociale qu’elle impose.

4. QUEL LASER POUR QUELLE CIBLE ?

– En jouant sur la longueur d’onde, la fluence, le séquencement d’impulsions, les différents filtres, et le refroidissement, il devient possible de détruire ou modifier chaque constituant tissulaire qui devient donc une cible spécifique.

– L’appareil « universel » n’existant pas encore, il faut plusieurs machines pour répondre à la diversité des demandes. En voici une liste qui n’est pas exhaustive :

4.1. LASERS FRACTIONNES ET APPARENTES :

    • L’originalité commune des techniques fractionnelles c’est de réduire la surface brûlée à des milliers de points équidistants au lieu de la surface totale.
    • Cette idée simple est en fait une mini révolution dans le monde de l’esthétique car, en gardant une efficacité réelle, elle permet des suites opératoires considérablement allégées.
    • De plus, en raison de cette moindre agressivité, elle permet de traiter des zones cutanées plus fragiles et jusque-là inabordables, comme le cou, le décolleté et les mains.

4.2. LASERS ABLATIFS CO2 et LISSAGE de la PEAU

    • Les Laser CO2 de relissage ou « laser de resurfacing » ont apporté en 1990 un progrès considérable avec une qualité inégalée depuis.
    • Leur principe est de détruire par photo coagulation de très minces couches de peau, essentiellement l’épiderme et le derme superficiel, siège de l’élastose actinique, notamment au niveau du visage.
    • Cela reste la référence en matière d’efficacité, mais leurs suites opératoires étant trop lourdes, ils sont progressivement abandonnés au profit des lasers fractionnés.

4.3. LASERS INFRAROUGE et REMODELAGE dans l’ACNE.

    • Leur action est moins efficace que le relissage mais les suites opératoires sont également plus légères sans effets secondaires.
    • Ils sont utilisés depuis 2002 dans l’acné active notamment en cas de difficultés dans le traitement oral.
    • C’est un effet thermique peu profond au niveau des glandes sébacées épargnant la mélanine.
    • Ils sont donc adaptés à tous les types de peau, même foncés.

4.4. LASERS VASCULAIRES :

    • Il en existe deux types, le laser YAG-KTP et le laser à colorant pulsé qui provoquent tous deux une photothermolyse sélective ou une photocoagulation avec purpura.
    • Ils visent préférentiellement les lésions vasculaires : angiomes, rosacées, érythroses, couperoses, varicosités et malformations veineuses.
    • Mais ils peuvent également s’attaquer à des lésions virales : verrues molluscum, condylomes.
    • Ou même dégénératives : xanthélasmas, vergetures, Héliodermie.

4.5. LASERS EPILATOIRES :

    • L’épilation Laser est devenue l’une des procédures esthétiques les plus répandues dans le monde. Elle repose sur la photo thermolyse sélective sur un chromophore : la mélamine.
    • Une grande variété de laser est utilisée : laser rubis, alexandrite, diodes Nd-YAG.
    • Les lumières intenses pulsées (LIP) ou lampe flash poly chromatiques sont également efficaces.

4.6. LASERS PIGMENTAIRES ET DETATOUAGES

    • Ce sont des lasers déclenchés ou Q-Switch qui font appel à une impulsion unique de quelques nanosecondes.
    • La photo thermolyse sélective s’applique tant aux mélanines qu’aux pigments exogènes comme les tatouages. La prudence est de mise d’autant plus que la peau est foncée ou bronzée.
    • Parmi les lésions pigmentaires qui peuvent aussi bénéficier des lasers déclenchés, citons : les lentigos, les tâches café au lait, les Mélasmas, les cernes périorbitaires mélaniques, les dermites ocres par accumulation d’hémosidérine.

4.7. VITILIGO ET LESIONS ACHROMIQUES

    • Les lampes et laser excimer à 308 nm ont montré leur efficacité dans ce domaine.
    • Ils sont souvent combinés à des greffes mélanocytaires ou à des traitements topiques (corticoïdes et immunosuppresseurs).
    • Des lésions apparentées peuvent également en bénéficier : vergetures blanches, hypochromies chirurgicales ou traumatiques, hypo mélanoses en goutte

5. TECHNOLOGIES APPARENTEES

Au prix d’une moindre efficacité, elles se présentent comme des méthodes alternatives plus douces.

Elles offrent une régénération tissulaire plus rapide et donc des suites opératoires allégées.

5.1. LES LED

  • La première diode électroluminescente (LED = Light Emitting Diode) a été crée en 1962. C’est un composant parcouru par un courant électrique dans un seul sens, ce qui produit une lumière monochromatique. Elle n’est pas cohérente, ce qui la différencie du Laser.
  • L’efficacité dépend de la longueur d’onde, de l’irradiance, de la durée d’exposition, et du mode pulsé ou continu.
  • Elle ne provoque aucun dommage thermique et peut être utilisée pour l’acné dans le bleu, pour l’inflammation dans le rouge, pour les pigments superficiels dans le vert, et pour la réjuvénation dans l’orange.

5.2. LES LAMPES FLASH (ou IPL ou LPP = Lumière Polychromatique Pulsée).

  • Comme les lasers, ce sont des lampes à hautes intensité de décharge, remplies d’un gaz noble (xénon ou krypton) et capables d’agir sur un chromophore cible.
  • La différence tient en ce qu’elles émettent une bande de lumière polychromatique non cohérente. C’est en faisant varier les filtres, l’ampérage, les trains de pulse et la taille des pièces à main que l’on peut atteindre des cibles différentes.
  • On peut donc les utiliser en mode épilatoire, en mode pigmentaire, en mode vasculaire et en réjuvénation.

5.3. PHOTOTHERAPIE DYNAMIQUE (ou PDT)

  • Elle repose sur l’utilisation d’une source lumineuse associée à l’utilisation locale d’une crème photo sensibilisante, l’ALA ou le MAL.
  • Elle est indiquée dans les kératoses Actiniques, les carcinomes basocellulaires et toutes les lésions précancéreuses étendues mais peu profondes.
  • Elle est donc particulièrement intéressante dans le photorajeunissement, car elle combine une approche esthétique et médicale.

5.4. LA RADIOFREQUENCE OU THERMAGE

  • C’est un dispositif de remise en tension cutanée par réchauffement et néocollagenèse du derme et du tissu sous-cutané.
  • Composé d’un générateur, d’une pièce à main et d’un module réfrigérant, elle agit par le passage d’un courant électrique à haute fréquence.
  •  c’est un traitement sans éviction sociale, mais fastidieux et dont les résultats limités sont le plus souvent couplés à d’autres méthodes plus invasives.

5.5. ADIPOCYTOLYSE

  • C’est un ensemble de techniques médicales qui, en détruisant le tissu graisseux sans l’aspirer, prétendent se substituer à la liposuccion chirurgicale plus agressive.
  • Elles font appel soit au laser avec canule, soit au froid par la cryothérapie, soit encore aux ultrasons.